Problème Iakoute

  • En 2031, profitant, entre autres, du chaos généra par le crash matriciel de 2029, une cabale de samans tribaux de Sibérie s’allie à des métamorphes pour faire sécession de la Russie. La Iakoutie, qui englobe une très grande partie de la Sibérie, est aujourd’hui une nation éveillée indépendante.
  • Cette guerre a provoqué un sentiment généralisé de défiance envers les métacréatures conscientes « magiques » (métamorphes, dryades, pixies, centaures, …) et autres défenseurs d’un retour à la Nature.
  • En 2053, un regroupement de tribus evenks autour du lac Baïkal, connu sous le nom de Sagan Zaba, s’est soulevé contre l’autorité iakoute et a révélé la face sombre de la Sibérie actuelle : la métahumanité y est soumise à un esprit libre très puissant, du nom de Vernya, qui impose sa loi par l’entremise des métamorphes, ses serviteurs de premier plan. Les tribus d’origine sibérienne sont donc passées d’une oppression (russe) à une autre. Plusieurs d’entre elles ont dû quitter leurs villages pour s’installer plus à la périphérie, chassées par les métamorphes ou des phénomènes magiques hostiles (certaines régions, comme la Toungouska, sont magiquement très instables). Une grande partie de la technologie y est interdite, et sévèrement réprimée.
  • La Iakoutie n’est, économiquement parlant, pas très développée. Certaines corporations (même proches du pouvoir russe, qui en profite pour obtenir des informations) ont cependant pu signer des contrats d’exploitation des ressources naturelles avec les autorités tribales de Iakoutsk ou Magadan, mais savent pertinemment que ces accords sont, au mieux, fragiles.
  • Le 6 février 2065, à l’aube, des commandos iakoutes attaquèrent simultanément les Oblasts de Sverdlovsk, Tioumen, Omsk, Novossibirsk et Amour, ainsi que les Kraïs de Nénétsie, Komis, Perm, Krasnoïarsk et Khabarovsk. Les forces russes avaient bien anticipé une attaque, vu que le territoire iakoute était subitement devenu plus hostile qu’à l’habitude, mais furent surprises par son ampleur et sa répartition.
  • Débordés de tous côtés, les garde-frontières et les troupes russes avaient besoin d’un soutien total, d’un héros, d’un chef capable de reprendre la situation en mains. Le SSN se réunit alors au Kremlin et présenta, 6 jours plus tard, un gouvernement d’union soviétique d’urgence à la tête duquel siégeait un triumvirat de Secrétaires Généraux : Danko Baïtchik et Kamendine qui avaient respectivement en charge la guerre, la replanification matricielle et la sécurité intérieure.
  • La guérilla terroriste se prolongea trois longues années durant. Le terrorisme iakoute frappait régulièrement une série de points stratégiques, notamment les centres de recherche nucléaire de Jeleznogorsk et Novoouralsk, ainsi que le Cosmodrome de Svobodny. La Russie ferma une partie de ses frontières pour éviter que ce conflit ne s’étende à l’extérieur (ou que d’autres voisins en profitent). Le SSN considérait que c’était une guerre interne et qu’il devait régler le problème seul. Certaines villes et installations furent fermées au public, comme au temps de l’URSS. De nouveaux centres névralgiques secrets furent créés.
  • Au prix d’une âpre lutte, la Russie parvint finalement à stabiliser la situation. Aucune aide étrangère ne vint, ouvertement, au secours des belligérants, aucune nation extérieure n’intervint dans ce conflit opaque. Officiellement, il n’y eut même aucune négociation, ni avec l’étranger, ni avec d’autres factions du territoire. Il est cependant de notoriété publique que tant Bouriazmeï que le Sagan Zaba ont combattu, à leur manière, la puissance magique de la Iakoutie Eveillée (sans pour autant s’allier aux Russes).
  • Le 30 juin 2068, sans raison apparente, les attaques cessèrent et la totalité des troupes iakoutes se retira derrière ses frontières. Danko flaira le piège, et interdit à ses généraux de poursuivre les envahisseurs. Certains ne lui obéirent pas et s’engagèrent en territoire iakoute. Les communications furent rapidement coupées et ils ne donnèrent plus jamais signe de vie.
En 2072 : cela fait 4 ans, aujourd’hui, que cette guerre se résume à des escarmouches frontalières, ce qui a permis aux réseaux de contrebande de se développer et de prospérer. L’état soviétique, sous le mandat de Kamendine, a surtout mis l’accent sur la sécurité intérieure, tandis que l’Armée Rouge a eu besoin de temps pour reprendre son souffle, reconstruire du matériel, reformer des hommes et se réorganiser. Il fallait qu’elle puisse intervenir rapidement en différents endroits face à des menaces magiques étrangères. Une des premières réactions de Danko et du haut-commandement militaire fut de ressortir les dossiers de la révolte des Indiens d’Origine de 2014-2018, ainsi que ceux du soulèvement Iakoute de 2030-2031.
A l’analyse, il apparut que la concentration de grosses troupes qui avançaient lentement vers l’objectif était un handicap face à des tremblements de terre, tempêtes ou autres phénomènes magiques de grande envergure. Elles pouvaient trop facilement être ralenties et n’arrivaient que rarement à temps sur les lieux des affrontements. Les données de 2030 montraient également que l’Armée Rouge ne pouvait se fier à l’Armée Intérieure (et cette défiance n’a fait que croître depuis lors) pour contenir les assaillants le temps nécessaire à l’arrivée de vrais soldats. Depuis lors, l’Armée Rouge a commencé à former des Unités d’Infanterie Mobile, assez compétentes et autodidactes pour fournir aux troupes de choc les informations et le temps nécessaire à une intervention fructueuse (une UIM est mobilisable rapidement et peut intervenir dans les deux heures n’importe où sur le territoire pour, notamment, répondre à un appel de gardes-frontières de l’UGB et donner le temps aux renforts d’arriver sur place).
Le Sagan Zaba, quant à lui, a renforcé sa position mais ne semble pas vouloir absolument s’étendre (que ce soit en territoire russe ou iakoute). Il profite énormément des réseaux de contrebande. Aucun agent gouvernemental, ni officier militaire soviétique, n’a encore été autorisé sur leurs terres. Les mesures extérieures parlent, cependant, d’un accroissement significatif du taux de Magie. Des pourparlers en cours devraient mener à une première visite protocolaire d’une délégation de Samans evenks à Moscou. Même s’il a toujours déclaré ne pas vouloir s’allier à la Russie si le but de cette dernière était de reprendre le contrôle de la Sibérie (et ne pas la libérer du joug de Vernya en lui garantissant une complète autonomie ensuite), le Sagan Zaba pourrait fournir aux soviétiques des informations de premier plan en échange d’une sécession d’une partie de la Bouriatie qui voudrait les rejoindre.
En Iakoutie proprement dite, l’instabilité dangereuse du mana dans le no man’s land frontalier avec la Russie, tout au long de l’année 2069, s’est progressivement estompé.

Autres éléments de la série

  1. Ombres Russes en 2072
  2. Néo-soviétisme
  3. Direction pour la Sécurité de l'Etat (UGB)
  4. Ministère des Affaires Intérieures (MVD)
  5. Armée Rouge
  6. Coopérative soviétique
  7. Economie et Corporations
  8. Transhumanité
  9. Eveil
  10. Problème Iakoute
  11. Eglise Orthodoxe de Russie
  12. Néo-paganisme slave